Souvenir d’enfance : la chasse aux poux

Dernièrement, j’ai appris que l’Homme et moi nous partagions un souvenir d’enfance : la chasse aux poux. Comme quoi, après huit ans de vie de couple, on en apprend toujours de nouvelles.

Nos mères nous traitaient à base de vinaigre d’alcool. Non, nous ne sommes pas nés dans les années trente, nous sommes tous les deux de la génération Y, mais nos mères nous ont eu tard, peut-être que ceci explique cela…

Les poux et moi c’est une grande histoire (pas tellement d’amour, quoi, que…) qui a habité toute mon enfance. J’avais tout le temps des poux. Un pou sur une tête, il va voir si le cheveu n’est pas plus doux sur la tête d’à coté. La tête d’à coté c’était la mienne et même si mon cheveu n’avait rien de doux (je vous parlerai peut-être un jour de la couette-noeud que j’ai arboré toute mon enfance), mais le pou restait, s’installait, rapatriait sa famille et colonisait toute ma tête.

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Et moi, j’avais honte d’avoir (encore) des poux. Je ne disais rien, espérant peut-être qu’ils partent d’eux-mêmes, mais eux, trouvant pour le coup le terrain bien favorable pour fonder une civilisation, restaient bien accrochés et se reproduisaient. Bien vite, ma tête était envahie.

Et là, âmes sensibles s’abstenir, à force, il y en avait beaucoup. Ca me grattait (ça me gratte actuellement, à écrire sur le sujet), je passais ma journée à me gratter et j’arrivais à une telle concentration de poux que, lorsque je me grattais, il y avait toujours un pou qui restait coincé sous mon ongle. Et là, (on s’accroche), je le mangeais. Oui, je mangeais mes poux, fier bonobo que j’étais. Et franchement, ce n’était pas dégueulasse (au goût, j’entends).

Donc, un jour où l’autre, ma mère s’en apercevait et c’est là que commençait la chasse aux poux.

La chasse aux poux c’était un grand moment, une fête presque. Je m’installais au dessus du lavabo de la salle de bain et là, ma mère me passait le peigne fin avec du vinaigre d’alcool. On voyait les poux tomber dans le lavabo, par centaines, par milliers, et, là, on les écrasait joyeusement avec l’ongle. Ca faisait crouic, et on voyait une petite trainée de sang sur le blanc du lavabo. A chaque poux : crouic, on faisait ça d’un air sadique, c’était rigolo. Ce qui l’était moins, c’était le vinaigre d’alcool sur les plaies engendrées par mes grattages, mais je crois qu’après des semaines à vivre clandestinement avec mes poux, ça me délivrait un peu.

Apparemment, chez l’Homme aussi, ça faisait crouic. Mais j’imagine que lui, petit joueur, en avait beaucoup moins.

Mon dernier souvenir de poux n’est pas si vieux, j’avais déjà quitté depuis longtemps l’école primaire. J’avais 16 ans et mon copain de l’époque m’avait fait des dreadlocks sur la tête et, pour les faire tenir semble-t-il, il avait collé l’ensemble avec de la prune ou de la pèche, je ne sais plus. C’était moche et ça a fini par gratter.

Un jour, c’était l’été, j’étais en vacances avec mon père et, en me réveillant, j’ai trouvé sur l’oreiller des poux morts. Plein. Pour le coup, si le terrain était propice, il avait fini par les achever. J’ai enlevé les dreads, et on a dû faire une dernière chasse aux poux.

Avant la prochaine, quand La Gosse ira à l’école…

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2 réflexions sur “Souvenir d’enfance : la chasse aux poux

  1. Ha ha ha!!! Je surnomme ma fille « Bonobo »! Mais pas pour les mêmes raisons!!!!!
    L’arme absolue? Le lisseur! T’en connais beaucoup de spoux qui résistent à deux plaques chauffées à 220?
    Mais pour les gamines, à consommer avec modération…

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