La tâche (la belle mère, suite)

Finalement, ma belle mère ne viendra pas aujourd’hui.

On avait tout rangé, aspirateur à fond les ballons, j’ai même nettoyé la zone derrière le lavabo de la salle de bain, celle qui n’avait pas été nettoyée par les anciens locataires, celle qui est pleine de strates de poussière humide qui a séché …

Juste une chose, je n’avais pas passé la serpillère.

Alors qu’il y a besoin.

Sans mentir, voilà au bas mot quatre jours que cette tâche est là, au milieu du salon :

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Mille fois je suis passée devant, mille fois je me suis dit : « non mais là, il faut passer la serpillère ». Je pourrais simplement la nettoyer avec une éponge, mais il y en a d’autres, alors autant passer la serpillère. Et puis non. Notez que l’Homme, à moins d’être bigleux, la voit aussi. Je crois qu’elle fait maintenant partie de la famille.

Comment est-ce possible ??? Comment en arrive-t-on là ? Je m’étonnerai toujours.

Non, mais c’est pour aujourd’hui, oui oui.

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La poubelle à couches

C’est le début, alors, bien sûr, en digne monomaniaque, j’écris pour la troisième fois de la journée. Ca me passera, surtout si personne ne me lit.

Mais si j’écris ce soir c’est pour parler de ma poubelle à couches. Dernièrement, j’ai acquis ceci :

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Alors on ne le voit peut-être pas sur la photo, mais elle est ridiculement petite. Elle mesure à peine 20 cm de haut, bref, on y met quatre couches et elle est pleine. Pourquoi cet achat me direz-vous ?

En fait jusqu’à présent (notons que La Gosse a neuf mois passés…) nous utilisions une corbeille à papier, oui, une corbeille de bureau. Je vous rappelle qu’au début (Ok, pendant trois mois), je mettais des couches lavables à la petite (le gros sac rose que vous voyez au dessus de la poubelle en contient). Et donc à un moment ça s’est inévitablement mis à sentir la couche sale dans tout l’appartement, un bonheur pour les invités.

Un copine, un jour : « tiens, c’est bizarre, chez toi ça sent le caca dans la salle de bain et pas dans les toilettes ». Ha oui, c’est bizarre, oui…

Donc j’ai échafaudé le grand projet d’acheter une poubelle.

Un jour, je suis partie de la maison en disant à l’Homme : « garde La Gosse, je vais acheter une poubelle ». Il faisait beau, j’avais envie d’aller à la ville, mais au fond mon projet, je l’avoue, n’était pas directement d’acheter une poubelle mais du tissu. Le tissu, la laine et moi, c’est une grande histoire d’amour. J’en achète plein, et je stocke. Là j’avais une bonne raison : je voulais coudre un chapeau pour l’anniversaire du neveu (un chapeau tordu donc, j’ai dû y joindre une notice explicative disant qu’il n’était absolument pas question de le porter sérieusement, que c’était de l’humour). Mais je n’avais que des tissus à fleurs et à petits pois, il me fallait donc des tissus plus « masculins ».

Mais ça je ne pouvais pas l’avouer à l’Homme, il n’aurait pas compris (il aurait condamné, juge qu’il est !)

J’ai donc été acheter mon tissu, et d’autres au cas où, pouf, 30 euros dans tes dents.

Mais il fallait que je revienne avec une poubelle. J’ai fini à Monoprix, il n’y avait que ça, je l’ai pris.

Ça s’est moqué de moi à mon retour bien sûr, mais personne n’a remarqué le sac de chez Toto…

Du coup il faut changer le sac tous les jours, ça ne sert à rien.

Mais au moins elle est belle ?

Me voilà…

Hier après-midi en me réveillant de ma sieste, mal que j’étais (gastro ?), j’ai traîné sur le blog de Marie Perarnau et puis comme j’avais tout lu, j’ai fini la soirée sur celui de Cranemou.

J’ai commencé à suivre les blogs de mamans quand La Gosse est née, ambiance Les Maternelles le matin, mois de juin, affalée sur le canapé. On peut dire que ça m’a accompagnée dans mon devenir mère, alors que ça m’était un peu arrivé par hasard, avouons le. Je peux déjà dire que ces nanas, qui sont devenues écrivain en passant par la maternité (c’est fascinant ce que peuvent les femmes), elles rendent le fait d’être maman plutôt cool (et rigolo).

J’ai lu et jamais commenté, en fait c’est surtout parce que ça a souvent buggé. Mais j’écris depuis mon adolescence un journal, alors j’écris ma vie depuis bien longtemps.

Ce matin ça me vient : « Va-y, moi aussi ! », je ne peux pas dire si cette lubie perdurera, on verra bien, tiens.

J’avais envie d’écrire aussi par rapport à un certain débat ambiant. On dirait qu’il y a deux clans de mamans, les allaitantes-petits pots maison-portage-éventuellement couches lavables et les autres, qui se sentent jugées par les premières. Alors qu’au fond ce sont elles qui ont commencé. Moi je trouve qu’allaiter est pratique (c’est vrai que j’ai eu La Gosse en juin, c’était la saison idéale pour sortir son nichon), que si on a que ça à faire c’est toujours mieux de donner des légumes frais, si soit-même en plus on ne mange ni boites ni surgelés, pour le reste c’est une philosophie, les couches lavables ont été abandonnées, c’est peut-être un peu relou, surtout quand elles sont un peu tordues parce qu’on les a faites soit-même et qu’on a pas assez de culottes de protection – et aussi qu’on est pas soutenu par son conjoint (il m’a eue sur ce coup là : non mais là je suis fatigué je lui mets une couche jetable). L’écharpe ça peut être sympa, mais en été ça donne chaud, on a encore un machin sur le ventre (qui cache sa mollesse il est vrai), et puis si on gère pas le nœud c’est vraiment une prise de tête, d’autant plus lorsqu’on réessaye neuf mois plus tard avec un bébé qui ne fait que gigoter. Là j’ai commandé un mei taï pour la porter sur le dos, moi je suis une fille très sac à dos (c’est souvent mon sac à main, le sac à dos quechua vert, très féminin tout ça), ça pourrait me convenir.

Mais je ne juge pas, je ne me suis jamais réellement sentie jugée non plus. Peut-être parce que la plupart des femmes de mon entourage sont soit des écolos (on n’est pas des bobos, non, il nous manque quand même à la plupart le « bo » de bourgeois – enfin, sauf peut-être par rapport à des familles de RMIstes, et encore…), soit des mamans à l’ancienne, magrébines, on pense à la mère de l’Homme comme à ma grand mère qui ont allaité jusqu’aux deux ans de leurs enfants…) Donc mes choix sont souvent approuvés, même si on me demande parfois quand je compte arrêter d’allaiter (ce que je ne sais pas, c’est encore si simple, pouf nichon, alors que je ne gère pas encore tout à fait la logistique du biberon (j’en ai qu’un, il faut le laver constamment, l’eau est trop chaude, elle le finit pas, ou trop vite, il traîne par terre dans le salon, ou dans l’évier de la cuisine, il traîne tout le temps en fait…))

Je suis sensible aux questions de pesticides et de bisphénol, tant qu’à faire aujourd’hui c’est plutôt facile, bien sûr en grandissant elle mangera comme nous, mais non on mangera aussi de mieux en mieux, déjà on se fait des woks aux légumes bio quand il reste des bouts de légumes de La Gosse. Alors voilà, j’achète des légumes bio pour ma fille, je les cuisine au babycook, c’est chiant, lui aussi il faut tout le temps le laver. Ça ne coute pas cher aussi, quand on voit le prix des petits pots, elle mange pour trois sous et c’est sain. Mais lorsque j’ai un pet de travers j’ai toujours un petit pot industriel à lui donner, elle adore ça, moi aussi des fois je kiffe une purée mousseline et des kackies, mais après je me sens tout de même dégueulasse. Alors quand je fais il n’y a pas d’arômes, la carotte a un goût de carotte, la tomate hors saison a le goût qu’elle doit avoir, en revanche la petite mange de l’ail, des oignons et du raz el hanout avec plaisir.

Comme tous et toutes, je vis dans la contradiction, dans les compromis. J’ai trouvé le moyen de ne pas trimer dehors depuis presque un an, ça me permet de rester avec ma fille. Elle est paraît-il super éveillée malgré le fait qu’elle n’ait aucun contact avec d’autres enfants (je devrais y remédier incessamment). Je n’aime pas faire le ménage, sauf une à deux fois par an, dans un gros coup de motivation et de monomanie. Alors ce temps me fait engager des projets, je deviens couturière (mais tout est toujours tordu), tricoteuse (j’ai mille projets sur des aiguilles, peu sont achevés) et puis l’excuse ultime : je fais mon master 2 recherche en philosophie par correspondance. Donc mémoire, ma poussette à la bibliothèque, ma fille est une lève-tard mais je me lève à 6h30 et me voilà avec trois heures rien qu’à moi (je n’y suis pas toujours un monstre d’efficacité, mais parfois c’est l’heure des grands projets).

Ça c’était pour entrer dans le débat des parents. Je note : moi je n’ai qu’un enfant, et je comprends très bien qu’on n’allaite pas, je comprends que ça fasse bizarre de nourrir de son corps (coté succube du bébé, coté liquide interne, beurk si on y songe), moi je me pose rarement la question (il vaut mieux ?) et puis finalement ceci est la raison d’être des seins. Je suis aussi parfois affectée de flemme monumentale et si je devais bientôt reprendre le boulot (il faudra que j’y songe), je devrais m’organiser autrement.

Au final on s’entend bien avec La Gosse, pour quelque chose qui est arrivé sans crier gare, c’est une belle chose.