La tâche (la belle mère, suite)

Finalement, ma belle mère ne viendra pas aujourd’hui.

On avait tout rangé, aspirateur à fond les ballons, j’ai même nettoyé la zone derrière le lavabo de la salle de bain, celle qui n’avait pas été nettoyée par les anciens locataires, celle qui est pleine de strates de poussière humide qui a séché …

Juste une chose, je n’avais pas passé la serpillère.

Alors qu’il y a besoin.

Sans mentir, voilà au bas mot quatre jours que cette tâche est là, au milieu du salon :

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Mille fois je suis passée devant, mille fois je me suis dit : « non mais là, il faut passer la serpillère ». Je pourrais simplement la nettoyer avec une éponge, mais il y en a d’autres, alors autant passer la serpillère. Et puis non. Notez que l’Homme, à moins d’être bigleux, la voit aussi. Je crois qu’elle fait maintenant partie de la famille.

Comment est-ce possible ??? Comment en arrive-t-on là ? Je m’étonnerai toujours.

Non, mais c’est pour aujourd’hui, oui oui.

La belle-mère

Demain ma belle mère vient à la maison. Ça fera la deuxième fois, d’habitude nous allons chez elle, et la première fois j’étais à la maternité.

Ais-je déjà signalé que je n’étais pas passionnée par le ménage ? Et bien elle si, si j’en juge par l’état de son appartement. On pourrait manger par terre, rien ne traîne, ça sent bon, et en plus elle a les mains douces.

Ma belle mère a eu quatre enfants, une vie pas facile, elle est d’une gentillesse et d’une douceur incroyable, elle a réussi à me mettre à l’aise alors que notre première rencontre a eu lieu à la maternité et qu’elle aurait préféré que l’Homme et moi soyons mariés. C’était chaud pour ma gueule mais, hypocrisie ou non, elle est adorable avec moi (elle a même dit à son fils que j’étais une bonne mère, la consécration).

Mais voilà, demain elle vient à la maison. Et si je ne fais pas quelque chose immédiatement pour arranger cela, son préjugé selon lequel « les françaises sont sales » sera vérifié. Oui je ne devrais pas me laisser juger, dira-t-on, mais voilà, j’ai envie qu’elle m’aime bien, qu’elle ne dise que finalement on n’aurait pas cru mais son fils n’est pas si mal tombé. J’ai donc du boulot en perspective.

Le problème c’est que l’Homme est rentré tard hier soir ce matin (5h…) et qu’il ne se lèvera donc pas de si tôt. Je pardonne parce que j’ai eu droit à un orgasme au réveil. Le fait est que je ne serais pas aidée ce matin, et oui c’est sa mère mais je sais très bien que si l’appartement est crade, je serais la responsable. Donc pas le choix, il faut s’y mettre. Ça ne va pas être une mince affaire parce que depuis quelques jours je suis un peu patraque.

Pourtant quelque chose me dit que sa mère peut me comprendre. Elle, elle n’a pas eu le choix. Elle a élevé et trimé dans sa vie, depuis toute petite, avec ses demi-frères et sœurs. Pour le coup chez elle pas un bouquin, pas de bordel engendré par un quelconque hobby, beaucoup de choses auxquelles elle n’a pas eu droit, beaucoup de galères à cause des hommes. Le ménage et son foyer c’est un peu tout ce qu’elle a. Et donc je comprends moi aussi, je respecte, et voilà pourquoi je vais essayer de rendre l’appartement nickel et de lui cuisiner quelque chose qu’elle apprécie. Bizarrement je crois qu’on peut s’entendre toutes les deux.

Moi ma mère c’est l’antipode, j’y reviendrais. Notons que je n’imagine pas les faire se rencontrer, c’est dire…